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Demain le capitalisme |
Une guerre civile syndicale au nom de l'anti-libéralismeEn juin dernier, toute la gauche, les syndicats ainsi qu'une bonne partie de la droite ont dénoncé le projet de changement de statut d'EDF comme étant une décision cédant à l'idéologique « ultra-libérale ». Cette dénonciation a aussitôt servi de prétexte pour faire basculer le pays dans un état de quasi-guerre civile perpétrée par les syndicats légalement représentants des salariés. Nous avons ainsi vu des groupes structurés comme des milices agir la nuit, cagoulés, des gants sur les mains. Ces commandos ont perpétré des actes de sabotage visant à couper l'électricité à différents niveaux : -Infrastructures de service publiques :
-Infrastructures de production et de transit d'EDF :
-Hommes publics :
-Entreprises :
Cette liste de sabotages n'est, bien entendu, pas exhaustive. Elle est néanmoins largement suffisante pour dire que la France a été, durant cette période, dans une situation quasiment insurrectionnelle. Liberté-Chérie a d'ailleurs dénoncé ces opérations terroristes syndicales à diverses reprises. L'association a ainsi organisé des actions de tractages durant tout le mois de juin. Le point culminant de cette opération a été une action coordonnée de distribution de bougies dans toute la France, grâce à l'action de nos comités locaux. La bougie était là pour rappeler que le slogan d'EDF, « nous vous devons plus que la lumière », prend toute sa dimension lorsque les syndicats coupent l'électricité de nos concitoyens. Selon les syndicats, toutes ces actions étaient légitimes car elles dénonçaient un projet de loi jugé trop libéral. Mais finalement, le projet de changement de statut d'EDF-GDF était-il réellement libéral ? Dans les faits, le changement de statut d'EDF-GDF ne change strictement rien. EDF et GDF deviennent bien des Sociétés Anonymes mais la loi prévoit que le contrôle de l'Etat ne descendra pas au-dessous de 70% des parts de ces entreprises. Ce seront donc des sociétés dites de droit privé, mais avec une minorité de fonds privés ; EDF et GDF resteront donc des administrations d'Etat. De même, le statut spécial des agents EDF-GDF ne sera aucunement touché. Il ne sera pas aligné sur celui du régime général. Ils garderont les spécificités de leur assurance sociale, avec, notamment, des hôpitaux et des médecins réservés à leur usage. Les modalités de départ en retraite seront inchangées. Ils garderont leurs privilèges consistants à bénéficier d'une retraite à taux plein avec moins d'années travaillées que les salariés du régime général. Et ce, alors qu'ils bénéficieront d'un taux de retraite bien supérieur à celui des ces derniers. Le comité d'entreprise d'EDF, continuera à percevoir une subvention hors du cadre légal des sociétés de droit privé. Les conditions financières dans lesquelles le changement de statut d'EDF a été réalisé ont été rappelées par la presse suite à la présentation du projet de loi de finances 2005 du 22 septembre dernier par le ministre des Finances. Nous avons ainsi appris que le rattachement du régime spécial des salariés d'EDF-GDF au régime de retraite général des salariés s'accompagnerait d'une « compensation » versée par EDF à la caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV). En effet, le régime de retraite des salariés d'EDF et de GDF est beaucoup plus avantageux pour ses bénéficiaires que ne l'est le régime général, il est donc bien plus coûteux. Après de longues négociations avec la CNAV, l'Etat a finalement fixé le montant de cette compensation à 7,7 milliards d'euros. Bien entendu, l'Etat, actionnaire d'EDF et de GDF, ne veut pas alourdir sa note auprès de la CNAV. De ce point de vue, il aurait même pu fixer une soulte encore plus faible. Mais cela n'allait pas dans le sens de l'autre motivation de l'Etat : rattacher le régime spécial d'EDF-GDF au régime général. Les institutions européennes considèrent à juste titre les caisses de retraite comme étant des institutions publiques ; leur état financier est comptabilisé dans le calcul du déficit des pays européens. Ainsi, cette soulte viendra en déduction des déficits publics de la France. Il est intéressant de constater que son montant correspond à 0,4 points de PIB : cette soulte permet ainsi à l'Etat français d'atteindre le critère de déficit public inférieur à 3%, conformément aux engagements du traité de Maastricht ! Notons que ce mécanisme n'est pas nouveau. Le gouvernement français avait utilisé le même subterfuge lors de la « privatisation » de France Télécom. Cette entreprise avait versé au régime de la CNAV une soulte telle que la France puisse satisfaire aux critères de qualification pour la monnaie unique européenne ! Le voilà donc ce « libéralisme » dénoncé par tous les conservatismes corporatistes et autres chasseurs aux sorcières patentés ... Le changement de statut d'EDF et de GDF se traduit par la création d'entreprises légalement de droit privé mais avec un Etat propriétaire à plus de 70%. Ces entreprises emploient des salariés bénéficiant de statut para fonctionnaire, dont le régime de retraite sera payé par le régime général des salariés du privé. Et, cerise sur le gâteau, la motivation profonde était de pouvoir réaliser une manipulation comptable afin de satisfaire aux critères de déficit public européen pour le budget en cours ! Encore une fois, on a crié à l'ultralibéralisme, alors qu'en réalité il ne s'agissait que de toujours plus d'intervention étatique. Encore une fois, il ne s'agissait que de toujours plus de taxation des citoyens qui ne sont pas affiliés aux castes de privilégiés. Et encore une fois, il ne s'agissait pas de réformes, mais d'une fuite en avant pour boucler le budget courant, en reportant sur les exercices suivants les coûts afférents. Mais l'honneur est sauf : l'ennemi ultime est le libéralisme et il faut le dénoncer partout, surtout lorsque cela n'a aucun rapport. Et on n'hésite pas à transformer en insulte le mot de « libéral » voire mieux, à le pervertir en « ultra néo libéral sauvage ». Mais en définitive, tout ceci n'est qu'une astuce rhétorique pour éviter d'avoir à débattre rationnellement des problèmes dont les citoyens souffrent. Le niveau minable des débats politiques n'est que le triste résultat de cette lâcheté intellectuelle visant à crier au loup au moindre coup de vent , déplaçant l'attention sur des chimères auxquelles l'on veut faire assimiler ses adversaires. Et pendant que tous ces nantis discutent dans les cocktails au frais de la collectivité, se gosant de l'avoir sauvé des griffes du monstre imaginaire qu'ils ont eux-mêmes définis, les Français souffrent, l'avenir de leurs enfants s'assombrit et la France s'effondre. C'est cela que Liberté-Chérie s'est donnée comme mission : Etre toujours présent pour dénoncer les blocages que les Français subissent, dénoncer les privilèges, les castes et les mensonges de nos politiciens et proposer les solutions qui s'imposent, les solutions authentiquement libérales.
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